Avant-poste oublié

09 octobre 2016

[Inspiration] Eyléane et Louve

Thorgal est et restera sans doute ma meilleure BD, celle qui m'aura le plus fait vibrer, transporter dans un monde foisonnant, identifié à des personnages forts et complexes. Si tout n'est pas parfait dans Thorgal, notamment les derniers tomes qui sont clairement moins bons que les précédents, certains cycles sont magnifiques, comme le cycle de Brek Zarith (tomes 4 à 6), le cycle de Qâ (tomes 9 à 13) ou encore le cycle de la couronne d'Ogotaï (tomes 18 à 23).

Je reviendrai je l'espère plus précisément sur Thorgal un de ces 4, mais aujourd'hui, je voulais surtout parler de Louve.

Louve est la fille de Thorgal, née au tome 16, et qu'on ne voit qu'enfant dans le cycle principal. Elle est par contre développée beaucoup plus précisément dans un cycle annexe des "Mondes de Thorgal" (6 tomes actuellement). Si je n'ai pas été super emballé par le travail de Yves Sente, en tant que scénariste, sur le cycle principal après le départ de Jean Van Hamme, et de Giulio De Vita, en tant que dessinateur, sur le cycle secondaire de Kriss de Valnor, j'ai tout de suite retrouvé dans la patte de Yann et Roman Surzhenko pour le cycle de Louve l'univers enchanteur de Thorgal et les traits caractéristiques de Grzegorz Rosinski. Certes, on pourrait déplorer le manque de liberté pris par Surzhenko pour dessiner les personnages inventés par Rosinski, mais pour ma part, c'est justement ce que j'attendais d'une série annexe au cycle principal de Thorgal. Et niveau scénario, on s'y retrouve également, avec l'aspect mythologie nordique qui est bien développé, et un rythme soutenu, porté sur l'action et le ressenti de Louve.

Si je parle ici de Louve, c'est que très rapidement (déjà dans le cycle principal), j'ai trouvé qu'elle ressemblait beaucoup à Eyléane, physiquement (brune, bouille ronde, cheveux sombres qui retombent sur le visage, regard sombre et mystérieux) comme intellectuellement (indépendante, étrange, un peu dans son monde, potentiellement dangereuse). La représentation de Louve dans le cycle principal comme dans le cycle dérivé peut très bien correspondre à Eyléane enfant, si bien que je serais tenté de puiser beaucoup dans ce personnage pour étoffer Eyléane (actes et paroles, mais aussi positions, mimiques, regard...). Etant donné que Louve existe (bébé) depuis 1990 et enfant depuis au moins fin 1997 (La Cage), il me serait difficile de prétendre qu'Eyléane ne tient pas du tout de Louve.

Cependant, Louve, on la voit quand même peu dans le cycle principal, et c'est grâce au cycle secondaire (commencé en 2011) dessiné par Surzhenko que l'on peut la voir à l'oeuvre, arpentant la forêt avec sa peau de loup, se battant à l'arc et à l'épée, et frôlant la mort bien des fois. Une aventure certes d'un niveau assez élevé pour une gamine de son âge, mais bon, on est à l'époque viking ;) Et puis sa personnalité s'étoffe au fil des tomes. On la voit grandir, changer de comportement, et apprendre à vivre avec sa malédiction, qui ressemble à une sorte de trouble dissociatif de l'identité (dédoublement de personnalité), ce qui la rend encore plus complexe et attachante.

Louve

Dessins de Roman Surzhenko

Je ne peux m'empêcher de voir un peu d'Eyléane dans chaque geste et chaque expression faciale de ce personnage. Ses côtés sombre, animal, indépendant, têtu, solitaire, abandonné... Je ne sais pas trop ce qu'il adviendra d'elle une fois plus grande, mais je peux espérer – et redouter – qu'elle suivra les pas d'Eyléane. "Redouter", car l'idée est quand même de ne pas trop se faire vampiriser par ce personnage, qu'il n'interfère pas outre mesure avec ma conception d'Eyléane et ce qui vient vraiment de moi...

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Dessins de Roman Surzhenko

Louve, cycle des Mondes de Thorgal, scénario de Yann et dessins de Roman Surzhenko, éditions Le Lombard. L'univers de Thorgal a été créé par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski.

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30 novembre 2015

[Inspiration] les maquettes Usborne de Iain Ashman

J'avais dit que je ferais bien des posts sur mes différentes sources d'inspiration qui me tiennent particulièrement à coeur. Certaines m'ont aidé à fasconner mes univers, d'autres m'ont juste accompagné pendant que j'imaginais toutes sortes de choses, et se sont donc mêlées à mes propres créations.

Aujourd'hui, j'aimerais parler de maquettes en papier... Éditées par Usborne et rassemblées dans la collection "Construis ton...", on pouvait il y a quelques années encore en trouver un certain nombre, comme "Construis ton château médiéval" ou "Construis ton camp romain" (collection anglaise "Make this..."). Des sujets assez historiques pour la plupart, mais deux en particulier m'ont interpellées, quand j'avait treize ou quatorze ans, je ne sais plus trop... Le Château magique et la Maison hantée.

Construis ton château magique   Construis ta maison hantée

Le Château magique est pour moi une des plus importantes pierres de soubassement de mes mondes imaginaires. Je me souviens encore du jour où j'ai ouvert le livre. La maquette se présente sous forme de livret détachable où sont disposés tous les éléments à découper puis à coller entre eux, pour la plupart imprimés recto-verso. Rien que le regarder, et j'étais déjà parti dans un autre monde... L'oeil passant d'un élément à l'autre ("ha, cette partie doit aller avec celle-ci !", "mais où se place cet élément ?", "dans quelle salle se trouvera le dragon ?"), je découvrais tout un univers qui se suffisait à lui-même, bourré de détails et non lié aux autres univers qui m'étaient alors chers à cette époque, comme le Seigneur des Anneaux.

Car le château magique est davantage baigné dans l'univers féérique que purement fantasy. Les références de l'auteur semblent être multiples et foisonantes ; l'oeuvre, dans sa globalité, est un véritable "monstre" d'inspiration, tant les détails, innombrables, sont bien pensés, bien dessinés, uniques et variés.

Vue générale

Construire le château, élément par élément, est une expérience grandiose en soi. On commence par l'entrée fortifiée, qui, déjà, se compose de deux corps de bâtiment reliés par un étage sur voûte et surmontés de trois toits pointus. C'est parti : une petite porte de garde placée ici, sous une douce lumière rasante d'un jaune-orangé, un pan de mur qui manque de s'écrouler, une petite meurtrière par-ci, une tuile envolée par-là... L'illustrateur ne se contente pas de reproduire les éléments "banals" (pierres, calades, tuiles...), il les différencie tous avec un niveau de détail prodigieux...

Entrée fortifiée   Entrée fortifiée
L'entrée fortifiée, avec le dragon qui garde l'entrée et sa porte à double battant munie d'un guichet

On assemble ensuite les bâtiments suivants, qu'on colle les uns à la suite des autres sur le sol, vaste place centrale couverte de calades aux dessins géométriques d'alchimiste : une tour hexagonale avec, comme dernier étage, une chambre d'astronome, une tour ronde avec observatoire au sommet, le corps principal, sur trois étages, détaillé des cuisines jusqu'aux combles, avec sa petite entrée et son cadran solaire, une autre tour ronde, un chemin de garde avec une vieille tour en ruines, un autre corps de bâtiment, sur deux étages, avec les caves lugubres sur des soubassement voûtés, une petite courette coincée entre ce bâtiment et la bibliothèque, belle salle avec galerie en bois qui court le long des murs, elle-même flanquée d'une large tour ronde à un étage, et nous voilà revenus à l'entrée fortifiée.

Cour intérieure
La cour intérieure, avec son pavage en calade
tour du château   tour du château
Le tour de la façade extérieure, en partant de la droite de l'entrée fortifiée : le logis principal flanqué de ses tours (gauche), et l'observatoire avec sa tour en ruine (droite)
tour du château   tour du château
Le logis secondaire, la petite cour avec son saule, la bibliothèque et la grosse tour ronde (gauche), et détail du logis principal, avec sa porte dragon (droite)
Détail de la cour   Détail de la cour
Détail de la cour intérieure (entrée du logis principal sur la gauche, et au fond, l'entrée fortifiée) (gauche), et de la petite place avec le saule (droite)
Détail de la cour   Détail de la cour
Détails du château : la grosse tour ronde (gauche) et la tour hexagonale (droite)

Le château est ensuite surélevé par divers pans de carton qui constituent la montagne. Celle-ci aurait pu n'être que rochers éparpillés, mais non : un petit passage secret ici, des drôles d'arbres taillés là, une grotte avec un dragon, une petite cache avec une bête tout droit sortie de Dark Cristal, perdue au fond de sa grotte, avec sa pierre diffusant une teinte rosée magique...

Montagne   Montagne
Montagne   Montagne
Montagne   Montagne

Car c'est sans doute là l'une des plus grandes forces de cette maquette : ses couleurs. Chaque pièce est dominée par une teinte qui lui est propre : rosée, verte, orangée, rouge... Le soleil couchant frappe toute la structure (tous les détails dessinés ont une ombre portée), divisant le château en deux parties : sa zone éclairée, orangée, lumineuse, paisible, et sa zone plongée dans l'ombre, aux teintes violacées et aux détails peut-être un peu plus mystérieux...

Intérieur   Intérieur
L'intérieur du logis secondaire (gauche) et du logis principal (droite), tous les deux avec cave voûtée. Le logis principal contient en plus une coursive
Intérieur   Intérieur
L'intérieur de la bibliothèque (gauche) et vue sur la cheminée du logis principal (droite). Remarquez le petit escalier complètement à gauche, qui donne sur la tour ronde flanquant le bâtiment
Intérieur
Intérieur du dernier étage des tours hexagonale et ronde. Les plafonds des toits pointus sont également dessinés (voûte peinte étoilée, ou nue avec un enchevêtrement complexe de poutres, etc.)

On passe des heures à monter cette gigantesque maquette de plus de 30 cm de haut et 50 cm de côté. Voir les détails s'assembler petit à petit suffit déjà à faire naître l'univers, mais ensuite, passer des heures et des heures à la regarder et, grâce aux pans à soulever ou aux fenêtres découpées, à retrouver des détails qu'on pensait avoir oubliés, à se plonger dans cette ambiance si envoûtante, mélange de magie et de sérénité, ça rend l'univers persistant, immuable, inoubliable.

J'ai toujours cette maquette aujourd'hui, et j'en prends grand soin. Mieux : j'ai racheté, plus tard, le livret afin d'en conserver une version non montée, car cette impression particulière que j'ai eue, quand je l'ai ouvert pour la première fois et que je n'avais pas encore découpé le moindre élément, et que je passais en revue les pages en cherchant à m'imaginer l'ensemble une fois assemblé, c'est elle qui a fait naître la première lueur de ce monde qui m'est désormais cher. Et puis ça permet d'avoir tous les éléments à plat, bien visibles, alors que le fait de monter le château rend indubitablement certains détails moins visibles que d'autres.

J'ai eu une fois l'idée de scanner toutes les pages et de les coller en tant que textures sur des éléments réalisés avec un logiciel de 3D, mais le boulot, assez phénoménal, a toujours été reporté... Pourtant, cela aurait permis de pouvoir se déplacer dans la maquette, avec une caméra virtuelle, et rendre le voyage encore plus immersif...

Ce château m'a donné aussi l'envie de faire la même chose, et j'ai passé des dizaines d'heures à confectionner ma propre maquette, à partir de papier canson et de crayons de couleur. J'ai ainsi élaboré une grande tour carré de sept étages, en cherchant à y mettre le plus de détails possible. Car dans le château initial, ce qui m'agaçait, c'est que certaines pièces n'étaient pas visibles (l'auteur n'avait pas prévu de créer un pan ouvrable sur telle ou telle partie d'un bâtiment, rendant inutile la création des pièces s'y trouvant). Dans ma tour, je voulais que tout soit visible, qu'il n'y ait aucune salle condamnée. Des soubassements (les geôles) au toit, j'ai tout dessiné, m'appuyant sur les détails du château quand j'en avais besoin, et sur mes propres univers pour le reste. J'y ai conservé la même symbolique globale – élément féodal féérique baigné dans une lumière rasante, avec des salles à ambiance différente et bourrées de détails mystérieux – afin que ma tour puisse se placer à côté du château et compléter l'univers. J'y ai même ajouté un certain nombre d'éléments en relief, des objets glanés par-ci par-là ou de petites réalisations conçues de toutes pièces qui, je trouvais, manquait au château initial.

Tour perso
La tour dans son ensemble (désolé pour la photo floue, il faudra que je la reprenne)
Tour perso   Tour perso
Les geôles au sous-sol, avec un squelette et un dragon (gauche), et vue du plafond de l'entrée, avec ses trophées de dragons et ses poutres apparentes (droite)
Tour perso   Tour perso
Le 1er étage (salle de garde) et l'étage "rose" (gauche), et les 3e étage (vert) et 4e étage (bibliothèque) (droite)
Tour perso   Tour perso
Détail des plafonds de la chambre verte et de la bibliothèque (gauche), et détail de la bibliothèque, avec son échiquier géant, sa mezzanine, sa maquette d'avion, ses petites échelles... (droite)

J'y ai même ajouté un corps de bâtiment annexe, une gigantesque bibliothèque adossée à une longue pièce posée sur la roche, pour étoffer le projet. Le tout devait être posé sur un pic rocheux, comme le château, pic qui n'a jamais été réalisé... Tour et bâtiment annexe se retrouvent en attente d'un montage définitif, et je me demande si j'arriverais un jour à finir ce projet qui me tenait tant à coeur, la minutie du travail (très petits éléments à dessiner, colorier, assembler, encoller) requérant un savoir-faire que je ne suis pas sûr d'avoir conservé...

Logis secondaire
Vue générale du logis secondaire (toute la partie en l'air était censée reposer sur un pan rocheux)
Logis secondaire   Logis secondaire
Intérieur, avec mezzanine, cariatides en forme de gryphon et cristal géant sur socle. On voit que le couloir posé sur la roche est au même niveau que la mezzanine, dans son prolongement. Une porte au fond devait donner dans les sous-sols de la tour (une salle contigue à celle des geôles) (gauche). Vue de l'autre façade de ce logis secondaire (droite)

Je ne peux que conseiller cette maquette, encore parfois trouvable sur certains sites de commerce en ligne (neuf ou d'occasion), à tous ceux, petits mais grands aussi, désirant découvrir un univers complet, qui a acquis une véritable légitimité au sein de l'univers féérique grâce à la multitude de détails dont il recèle...

Il en est de même avec le manoir hanté, qui, dans un autre registre, reprend tous les codes de l'univers horrifique des grandes maisons de bois laissées à l'abandon. Si par exemple vous aimez beaucoup la maison hantée du parc Euro-Disney, vous ne serez pas déçu. Les détails sont encore une fois au rendez-vous : ambiance, lumière, personnages, pans qui s'ouvrent et roues à faire tourner pour faire apparaître les fantômes derrière les fenêtres... Tout y est. J'aurais sans doute l'occasion d'en parler plus précisément une prochaine fois, dans un hypothétique post : "Inspiration : maisons et châteaux hantés"...

Chercher l'auteur de ces maquettes, Iain Ashman, sur Internet n'aboutit à aucune page particulièrement éloquante sur ses oeuvres ou ses autres réalisations, et je me demande parfois qui est cet homme qui a su imaginer tous ces univers, quelles sont précisément ses sources d'inspiration ; j'aimerais savoir s'il a fait d'autres choses dans l'univers SFFF (ses autres maquettes étant plutôt réalistes), et sinon, pourquoi. Car personnellement, il aurait pu faire cent maquettes comme celles-ci, ou des peintures, des livres, des jeux vidéo, que sais-je, je me serais sans doute penché sur tout ceci avec avidité.

Posté par vorador2116 à 23:45 - Inspirations - Commentaires [0]
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09 septembre 2015

[Inspiration] Rêver devant un paysage de jeu vidéo

Doom est un des jeux qui m’aura le plus marqué. Je ne compte pas les heures que j’y ai passées avec mon frère à parcourir les salles pleines de monstres, à chercher toutes les zones secrètes et à arpenter les longs couloirs pour éradiquer jusqu’au dernier ennemi.

Mais il y a quelque chose en particulier que j’aimais faire quand je jouais à Doom : me retrouver seul dans le niveau pacifié et contempler ces montagnes lointaines pendant de longues minutes en écoutant la musique à la fois mélancolique et languissante du jeu (celle de la version PSX).

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J’appréciais vraiment ce moment de calme après la tempête. Ces couloirs vides de monstres, cette solitude au point d’avoir l’impression d’être le dernier être humain encore vivant dans l’univers. Cette impression de tranquillité, pourtant bousculée par cet étrange sentiment d’être observé. Mais il n’y avait plus personne.

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Je ne pense pas être le seul à avoir apprécié les décors lointains de Doom, à en croire divers posts sur des forums encore trouvables sur le net, mais il n'empêche que quand je dis que ce que je préférais dans Doom, ce n'était pas shooter les monstres, mais juste regarder le paysage, ça paraît souvent étrange ^^'

Vous pouvez trouver les autres morceaux du jeu à cette adresse. Ça vaut le détour. Une étrange torpeur nous prend en les écoutant, je trouve. Sans trop savoir si on va se mettre à rêver ou faire des cauchemars…

J’ai retrouvé ce sentiment dans certains autres jeux, comme le premier Tomb Raider, quand on s’aventurait dans les ruines du temple et qu’on devait parfois plonger dans des bassins à l’eau transparente pour passer d’une salle à l’autre :

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Une musique plus légère ici, un sentiment de sécurité renforcé, une zénitude plus profonde. Tout l'album du jeu est exceptionnel.

 

Il y avait également Abe’s Oddysee :

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Ici la variété des décors était plus forte, plus travaillée. C’était davantage le clair-obscur qui m’attirait, la sensation de plans superposés, les rayons de lumière…

 

Dans le même genre, plus récemment, il y avait Limbo.

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Ce jeu est clairement plus glauque, tout en noir et blanc ; les bruits d’ambiance mêlés aux jeux de lumière et à cette impression de calme mélangée à un dérangeant sentiment de danger imminent m’ont captivé de longues heures… Souvent, je laissais la console sur le simple écran de titre du jeu, avec sa musique entêtante, et je manquais m'endormir dessus. (Toute la bande son du jeu est à écouter, bien sûr.)

Le point commun à tous ces jeux, c’est donc le fait que je finissais souvent par délaisser l'acte de jouer au profit de la contemplation des paysages, tout en m’enivrant de la musique. Ces paysages souvent lointains et inaccessibles symbolisaient une liberté inatteignable, une sorte de salut. J'aimais à les regarder, mais ne cherchais pas forcément à m’y rendre. Ils étaient très bien là où ils étaient, un horizon qui jamais ne se rapprochait, mais qui permettait quand même de rêver et de s’envoler…

Et puis il y a aussi eu The Last Of Us. Ici, ce n'était pas uniquement un paysage lointain, mais davantage tous les petits éléments de décor, d'ambiance, etc. Avec ce jeu aussi, je suis resté lontemps sur l'écran d'accueil, sans forcément avoir envie de passer à la suite.

The Last Of Us 03

Je vous conseille aussi pour ce jeu d'écouter toute la musique, tout simplement exceptionnelle (on trouve même des morceaux d'une heure non stop du thème principal en boucle). En fait, je vous invite vraiment à y jouer, et ne pas seulement "finir" le jeu, mais s'y imprégner, vivre avec les personnages, visiter les maisons, s'attarder sur un tableau accroché à un mur, contempler une touffe d'herbe qui s'agite au vent, flaner au son de l'eau de la rivière qui coule en contrebas... Tout dans le jeu se prête à rêverie. Il a beau y avoir des créatures qui veulent nous bouffer, et des survivants agressifs qui ne cherchent qu'à nous dépouiller, c'est l'inéluctabilité de la fin de l'homme qui nous agrippe le plus. On regarde la nature qui a repris ses droits, et on en viendrait presque à accepter le fait que tout soit révolu.

Pour chacun de ces jeux présentés, n'hésitez pas à lancer la musique (si les fenêtres Youtube se lancent convenablement ^^') et à regarder l'image en rapport pendant l'écoute.

Posté par vorador2116 à 14:15 - Inspirations - Commentaires [0]
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11 juillet 2011

Expositions universelles de Paris

EDIT : Suite aux nombreuses visites vers cette note, j'ai créé un nouveau blog, PariSteampunk, avec entre autres plein d'infos sur les expos universelles que vous pourrez trouver ici.
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Ca fait déjà un certain temps que j'ai découvert les sites www.parisenimages.fr, expositions.bnf.fr/universelles et www.expositions-universelles.fr.
Je vous conseille d'y faire un tour, vous trouverez peut-être votre bonheur en termes de photos en noir et blanc de Paris des 19e et 20e siècles. Pour ma part, je recherchais un témoignage visuel des expositions universelles de Paris, pour y trouver tout un tas de détails steampunkiens qu'on ne trouve pas si facilement sur la toile. Tout était parti à l'origine de l'ancien palais du Trocadéro, sa grande salle de spectacle, son aquarium souterrain en rocailles, puis des gigantesques galeries en fer forgé dignes de Steamboy. Car les expo universelles (1878, 1889, 1900 essentiellement), ce n'est pas que la tour Eiffel. C'est aussi le palais Omnibus, le palais du Trocadéro, tout un tas de pavillons complètement éphémères mais extravagants, détaillés à souhait, magnifiques, à l'instar d'un Disneyland du début de siècle, en somme.

Intérieur du palais Omnibus (1867)
Intérieur du palais Omnibus (1867)

 

Le palais du Trocadéro (1878)
Le palais du Trocadéro (1878, photo de 1889)

 

Le palais du champ de Mars (1878)
Le palais du champ de Mars (1878)

 

Le dôme central (1889)
Le dôme central (1889)

 

Le palais de l'électricité (1900)
Le palais de l'électricité (1900)

 

Le Champ de Mars (1900)
Le Champ de Mars (1900)

 

L'esplanade des Invalides (1900)
L'esplanade des Invalides (1900)

 

La porte monumentale (1900)
La porte monumentale (1900)

 

La salle des fêtes (1900)
La salle des fêtes (1900)

 

Ce genre de photos me fait complètement rêver... Au niveau de l'ambiance, de l'architecture, surtout, et aussi de tous les petits détails à côté. Bien sûr, on a beaucoup évolué depuis (il y avait un pavillon du colonialisme, où on "exhibait" comme des bêtes de foire des populations d'Afrique ou d'Océanie), mais je ne peux m'empêcher de penser qu'on ne fait plus aussi grand, aussi démesuré, depuis...

Rien que voir le plan de l'expo de 1900 ! De la concorde à la tour Eiffel, non-stop, toutes les berges pleines de pavillons, les petits et grands palais, le trocadéro, le champs de mars, jusqu'à l'école militaire...

plan de l'exposition universelle de 1900
plan de l'exposition universelle de 1900 (cliquer dessus pour voir en plus grand)

 

Je suis nostalgique de cette époque, où architecture ne signifiait pas toujours épuré et vide, sans ornementation, où la sculpture et la peinture étaient indissociables de l'architecture... Et bien sûr, il n'y a pas qu'en France qu'on a fait aussi démesuré, il suffit de regarder sur Google Images le Crystal Palace, construit à Londres pour la première exposition universelle, en 1851...

Je me suis amusé à me faire un petit poster en A3 regroupant un certain nombre de photos de bâtiments de l'époque des trois expo universelles de 1878 (palais du Trocadéro), 1889 (la tour Eiffel), et 1900 (les petits et grands palais). On en a gardé quelques uns, mais la plupart des bâtiments présents sur cette page n'existe plus... Démontés aussitôt l'expo terminée, ou détruit quelques années après...

Exposition universelle poster
(cliquez sur l'image pour voir le poster en grande taille)

 

La haute définition présente ici n'est pas la taille réelle en A3, désolé... Si vous la désirez, écrivez un commentaire avec votre adresse email valide, et je vous l'enverrai !

Posté par vorador2116 à 17:44 - Inspirations - Commentaires [8]
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13 septembre 2009

Requiem for a deam : Histoire d'une musique

Tout avait (re)commencé avec la bande annonce de Sunshine : le soleil qui brille de plus en plus, et la musique qui monte, lentement mais inexorablement. Un air que j'ai trouvé tout de suite exceptionnel, envoûtant, épique, se mêlant parfaitement avec les images et le montage.

 

 

 

J'avais un peu l'impression d'avoir déjà entendu cet air mais il m'était impossible de retrouver où. Je me suis mis à chercher un peu partout sur le net, mais c'est souvent difficile de trouver les références d'un air dont on n'a aucune information !
Je crois que c'est une heureuse coïncidence qui a fini par me mettre sur la piste : un jour, je cherchais des AMV en tout genre, et je suis tombé sur un AMV vraiment excellent sur Final Fantasy IX, et là... La musique ! C'était elle, complète, merveilleuse, envoûtante à un point tel que je n'arrivais plus à l'arrêter !

 

 

(Je vous conseille d'ailleurs de regarder cet AMV en entier, il est très bien réalisé, avec en première partie, l'héroïne Grenat (Garnet), puis le break, puis en seconde partie, le héros Djidane, puis le final avec des séquences des deux persos ensemble. Le rythme épique de la musique est particulièrement bien respecté.)

 

J'avais ma première piste : "Two Towers Requiem"
Two towers... two towers... Mais oui !
J'ai foncé vers la bande annonce du deuxième volume du Seigneur des Anneaux, Les Deux Tours, et miracle ! Elle était là... (à partir de 1 mn 30 environ)

 

 

 

C'était bien là que je l'avais entendue pour la première fois. Je me rappelle à présent à quel point j'avais tripé en regardant cette bande annonce au cinéma, et en me disant : vivement le gouffre de Helm...
... Et en espérant que cette musique n'ait pas été choisie que pour la bande annonce. Mais ce fut hélas le cas (elle n'est donc pas de Howard Shore), raison pour laquelle, à mon avis, je l'avais ensuite oubliée...

 

Il me fallait donc chercher dans l'autre partie du nom de la musique : Requiem... Mon calvaire touchait à sa fin : je retrouvai facilement la piste du film Requiem for a Dream, film que je n'avais pas vu en ce temps-là et d'ailleurs fort différent des autres lui ayant emprunté le thème...

 

 

 

Enfin... Il est important de noter que la musique que je connaissais jusqu'alors était une variante du thème utilisé dans le film. L'auteur est donc Clint Mansell, et le thème original est interprété par Kronos Quartet, et doit s'appeler, il me semble, Lux Aeterna (les premiers mots d'un requiem).
(ici le lien pour la scène finale du film, à ne revoir que si vous avez déjà vu le film...)
L'origine du remix reste encore un peu obscure pour moi : s'appelle-t-il officiellement Two Towers Requiem et a-t-il été écrit pour la bande annonce des deux tours ? A-t-il été composé par Clint Mansell lui-même, sachant que toute la partie épique n'est pas du tout présente dans le film Requiem for a Dream ?
Quoiqu'il en soit, j'ai pu par la suite trouver bien d'autres variantes, et me rendre compte, en fait, que la musique était réutilisée pour tout un tas de remix, de bandes son pour des AMV, des extraits, des bandes annonce, etc. Un peu trop victime de son succès !

 

 

 

La recherche de cette musique, il y a déjà quelques années, reste pour moi un très grand moment, et un apaisement inespéré quand j'ai trouvé et passé en boucle l'AMV de Final Fantasy IX (un grand merci à son auteur).
Bon, après, on aime ou on n'aime pas, chacun ses goûts ! Pour ma part, cela restera un de mes meilleurs morceaux...

 


(morceau complet)

 

Posté par vorador2116 à 03:22 - Inspirations - Commentaires [0]
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